Lettre de Juillet 2014

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Très chers amis,

Je vous salue cordialement, dans l'espoir que mon message vous trouve tous bien, occupés dans vos diverses activités, dans lesquelles vous cherchez à accomplir, en couple et en famille, la volonté de Dieu. Ce regard de la foi qui nous enseigne que la pensée et l'amour de Dieu nous précèdent est vraiment réconfortant  pour nous.

Aujourd'hui, il est très problématique de parler de l'amour, un mot qui s'est vidé de son sens originel. Mais nous voulons avoir l'audace de continuer à insister sur ce sujet, notamment dans le cadre de notre vocation sponsale et conjugale nuptiale commune. Benoît XVI nous rappelle que nous sommes sauvés, non par la science, mais par l'amour (cf. Spe Salvi 26), l'amour qui nous précède et qui trouve dans le Cœur de Jésus son expression la plus sublime (cf. Spe salvi 27).

Dans la littérature poétique et dans la tradition mystique on parle de la blessure de l'amour. Cela veut dire qu'il y a une relation profonde et mystérieuse entre la souffrance et l'amour. En fait, souffrir sans amour conduit à la frustration et au désespoir ; mais l'amour sans la souffrance n'est que l'exploitation de l'autre en le réduisant à un objet de plaisir. L'amour qui nous sauve, et qu'on apprend à l'école du Sacré-Cœur blessé d'amour, est l'amour oblatif, lequel se manifeste dans la fidélité et dans la disponibilité  pour se donner à l'autre jusqu'au point d'être capable de donner la vie pour lui.

Nous devons nous interroger sur les raisons qui nous poussent à aimer ou à vouloir du bien à quelqu'un : sommes-nous bons ou sommes-nous attirés par la bonté qui émane des autres ?

L'amour évoque l'inclination vers l'autre qui nous attire par sa bonté. Alors nous devons être attentifs pour reconnaitre la bonté des autres et essayer de la respecter, et c'est dans ce respect que se manifeste l'amour, par lequel nous voulons du bien à l'autre à cause du bien qu'il est en soi-même.

Le Pape François consacre deux numéros de Lumen fidei au couple et à la famille, dans lesquels il nous dit que la relation conjugale a beaucoup de similitude avec la dynamique de la foi :

« L'homme et la femme peuvent se promettre l'amour mutuel dans un geste qui engage toute leur vie et rappelle tant d’aspects de la foi. Promettre un amour qui soit pour toujours est possible quand on découvre un dessein plus grand que ses projets, qui nous soutient et nous permet de donner l’avenir tout entier à la personne aimée » ( Lumen Fidei 52 ) .

Nous vivons à une époque où il semble que ces mots ne trouvent pas d'application, parce qu'aujourd'hui on a de la difficulté à se lancer dans une relation qui ait engage toute la vie, jusqu'à la mort ; aujourd'hui, on a peur ou on se sent incapable de «donner l’avenir tout entier à la personne aimée ». Mais Jésus nous dit que ce qui est impossible à l'homme est possible à Dieu et c'est de cette possibilité divine, qui est la grâce du sacrement du mariage, que les couples chrétiens sont envoyés à donner le témoignage (cf. Mt 19, 26) ; le témoignage de la joie du don de l’avenir à la personne aimée, le don qui vraiment sauve. Être témoin de cette joie, voilà la mission et le charisme de notre Mouvement.

Je vous salue cordialement et avec amitié dans le Seigneur, en implorant pour vous tous l'abondance des grâces et des bénédictions de Dieu.

P. José Jacinto Ferreira de Farias, scj
Conseiller Spirituel de l’Equipe Responsable Internationale