| En mémoire du Père Olivier ...
Nous avons eu la grande chance de travailler avec le Père Olivier pendant 8 ans, de 1986 à 1994, période durant laquelle il fut conseiller spirituel de l'Equipe Responsable Internationale. Pendant les 2 premières années, nous étions membres de l'ERI avec Jeannine et Jean Claude Malroux comme couple responsable. C'est avec l'aide du Père Olivier qu'ils ont fait évoluer les END d'un mouvement français en un mouvement vraiment international. Puis, les 6 années suivantes, nous avons été nous-mêmes le couple responsable de cette équipe tandis que le Père Olivier continuait à en être le conseiller spirituel.Pour nous, espagnols, premier couple non francophone à la tête du Mouvement, ce n´était pas facile d'assumer une pareille responsabilité et c'est en grande partie grâce au Père Olivier, lui-même de nationalité belge, que notre petite équipe, « l'ERI de notre temps » , formée de français, suisses, portugais, italiens (remplacés par des brésiliens), s'est soudée dans l'enthousiasme d'un objectif partagé, dans la joie d'une amitié chaque fois plus intense et dans le travail mené en coresponsabilité, collégialité et communion.On le sentait ce travail collégial où chacun et chacune mettait en commun le don qui était le sien, avec le désir de mieux servir les couples du Mouvement et le souci de garder toujours un espace pour que l´Esprit puisse nous atteindre à sa façon imprévisible et mystérieuse. Ce furent des années passionnantes durant lesquelles, entre autres, nous avons mis en route le « Second Souffle », le document sur le « Partage » et le « Projet Evangéliser la Sexualité ».C'est surement la Providence qui a appelé le Père Olivier comme conseiller spirituel international des END à ce moment concret de l'histoire du Mouvement. Ses profondes connaissances théologiques (il fut un des experts au Concile Vatican II et assistant général des Dominicains), ses expériences précédentes à la Commission belge « Justice et Paix » et dans sa communauté belgo-congolaise de « Livulu » au Congo, son respect du rôle des laïcs dans l'Eglise, sa liberté intérieure, mais surtout sa ferme espérance en la présence de Dieu dans l'Histoire, faisaient de lui un homme exceptionnel, doué en outre d'un caractère plein d´humour et de créativité.« Le bonheur est fait pour les gens heureux », disait-il ... et il était heureux. Cela rendait heureux ceux qui étaient près de lui. On riait de ses histoires, de ses anecdotes, de ses mimiques. Jamais tendu, toujours à l'aise, il nous semble encore entendre sa belle voix de prédicateur creuser la Parole de Dieu et aborder les sujets tels que le charisme et la pédagogie du Mouvement avec originalité, clarté et profondeur dans ses homélies, ses conférences ou ses éditoriaux. A la fin de notre mandat, nous sommes allés avec Igar et Cidinha Fehr, nouveau couple responsable de l'ERI, présenter au Pape Jean Paul II la « Synthèse du Projet Evangéliser la Sexualité » que le Père avait rédigée au milieu de sérieux ennuis de santé. Enthousiaste, il nous disait : « C'est la première fois que les couples prennent la parole dans l'Eglise sur leur sexualité et c'est de plein droit qu'ils le font, éclairés par la grâce de leur baptême et de leur sacrement de mariage. 10 000 couples du Mouvement de toutes nationalités ont collaboré à ce Projet. Je suis convaincu que leurs témoignages et leurs réflexions aideront le Magistère à comprendre, nuancer et trouver le langage adéquat pour débloquer ce sujet qui est au cœur de leur amour conjugal ». Merci Père Olivier pour cette confiance que vous avez accordée aux couples des équipes et dont ils ont tant besoin, merci à l'Ordre des Dominicains de lui avoir permis de dédier tout son temps et ses talents aux END, merci aux couples de son équipe de Paris qu'il aimait tendrement de l'avoir soutenu, merci Père Olivier pour l'amitié profonde et joyeuse qui s'est bâtie entre nous, membres de « notre ERI », et qui nous a fait continuer, une fois terminée notre responsabilité, de nous réunir chaque année depuis 13 ans pour une semaine de prière, de partage et de détente que le Père Olivier attendait comme un cadeau et comme une grâce. Cette année, nous avons appris 15 jours avant notre rencontre que le Père Olivier venait de mourir à Bruxelles le 7 avril. Nous nous sommes réunis quand même, nous souvenant de lui et le sentant présent avec nous comme les autres fois mais d'une façon différente. Manquaient aussi, pour des raisons de santé, nos chers Igar et Cidinha Fehr, ainsi que notre inoubliable Dorotea Bitterli, partie au ciel elle aussi. Avec Peter Bitterli, Jean-Jacques et Françoise Crépy, Marie-Odile et Benoît Touzard, Marie-Magdeleine et Antoine Berger, Alberto et Maria-Almira Ramalheira, nous avons remercié le Seigneur de nous prouver encore une fois dans ces situations d'absence que « l'amour est plus fort que la mort » comme disait le Père Caffarel. Et c'est là notre Espérance. Alvaro et Mercedes Gómez-Ferrer Mai 2010
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